Que dit la loi sur la responsabilité pénale ?

Date:

La responsabilité pénale est le fruit d’un raisonnement élaboré. Elle ne s’impose pas de façon intuitive à la différence de la responsabilité morale. Elle n’est pas guidée par l’émotion ou encore le zèle. Elle ne s’invente pas. Les praticiens vous diront que le droit pénal est d’interprétation stricte. C’est-à-dire qu’on ne peut-être condamné qu’en vertu d’un texte précis. C’est principe de légalité tiré de l’adage « Nullum crimen, nulla poena sine lege », « pas de crime, pas de peine, sans lois ».

Dans l’actualité gabonaise très souvent nous avons vu des individus emprisonnés sans autre forme de procès. Comme si en matière de répression l’emprisonnement était le principe et la liberté l’exception.  

Le principe de légalité qui fonde la responsabilité pénale suppose que des sanctions pénales ne peuvent être encourues qu’en vertu d’une loi, c’est-à-dire d’un texte exprimant la volonté générale.

Cette exigence est constitionnellement consacrée  les articles 5,6 et 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Août 1789.

  • Article 5 de la  « La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas »
  • Article 7 « Nul Homme ne peut être accusé, arrêté ni  détenu que dans les cas  déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ».
  • Article 8 « La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée ».
  • Article 6 dispose « La Loi est l’expression de la volonté générale (…) elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse »

«  la qualification est le nerf du raisonnement juridique » affirme F.  Rigaud, La loi des juges

Selon Emmanuel Drayer, « le droit pénal peut-être présenté comme la branche du droit à l’occasion de laquelle  une sanction spécifique – la peine- est prononcée, au nom de la société, suite à un trouble ou un risque de trouble à l’ordre public causé par la transgression, dans certaines circonstance, d’une norme tenue pour essentielle. Il s’agit de punir l’auteur d’un comportement réellement ou potentiellement perturbateur pour l’ordre public, indépendamment de toute autre considération relative notamment au préjudice ressenti par la victime. L’objet est de protéger la société tout en respectant les droits de l’homme ».  

La protection de la société ne doit pas se faire au mépris des droits de l’homme. Le juge qui est garant des libertés individuelles ne doit pas être un geôlier.

Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Août 1789 dont Article 6 dispose « La Loi est l’expression de la volonté générale (…) elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse » est un texte à valeur constitutionnelle.


En savoir plus sur Que Dit La Loi

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Harold Leckat
Harold Leckathttps://queditlaloi.com/
Juriste, fondateur de Que Dit La Loi

Laisser un commentaire

Share post:

Subscribe

Plus de lecture
Related

Un magistrat peut -il être sanctionné ? Comprendre la discipline des magistrats au Gabon

La loi du 26 octobre 2023 portant statut des magistrats organise, à côté des garanties d'indépendance, un régime disciplinaire dont la lecture prête souvent à confusion. A la lumière des récentes actualités il apparaît utile de revenir sur ce que ce texte prévoit exactement : la portée réelle de l'indépendance et de l'inamovibilité, la composition du Conseil supérieur de la magistrature lorsqu'il statue en matière disciplinaire, et l'échelle des sanctions qu'il peut prononcer.

Devenir entreprenant au Gabon : que dit la loi sur ce qui vous engage vraiment ?

En devenant entreprenant au Gabon, vos dettes professionnelles menacent directement vos biens personnels et familiaux. Faute de séparation des patrimoines en droit OHADA, votre mobilier, vos économies ou la parcelle familiale peuvent être saisis en cas d'impayé. Et quand d'autres pays ont choisi de protéger leurs entrepreneurs, le silence de la loi gabonaise laisse ici un vide inquiétant.

Retour sur la réforme relative au contentieux foncier entre le juge judiciaire et le juge administratif au Gabon

Quelques mois après l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 26 février 2026 fixant le régime de la propriété foncière en République gabonaise, il apparaît utile de revenir sur l'une de ses innovations majeures : la clarification de la répartition des compétences entre le juge administratif et le juge judiciaire en matière foncière. Cette réforme modifie en profondeur la procédure d'immatriculation foncière et consacre le juge judiciaire comme acteur central du contentieux du titre foncier. Dans cet article, nous revenons sur le fonctionnement de la procédure d'immatriculation, la distinction entre titre d'occupation et titre foncier, ainsi que les conséquences pratiques de cette nouvelle répartition des compétences pour les citoyens et les professionnels du foncier.

Le changement de l’option matrimoniale en droit gabonais de la famille : de l’apparition du spectre errant d’une conception inégalitaire des rapports entre conjoints

Le droit gabonais permet-il réellement aux époux de changer d’option matrimoniale après la célébration du mariage ? Derrière cette question se cache une problématique plus large, à la croisée du droit civil, des traditions coutumières et du principe d’égalité entre les époux. À travers une analyse approfondie du Code civil gabonais, cet article revient sur les conditions du passage de la monogamie à la polygamie, ses conséquences juridiques et les contradictions que révèle encore aujourd’hui le droit de la famille gabonais.

En savoir plus sur Que Dit La Loi

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture