Le patriotisme mal compris au lieu d’être une vertu, devient un défaut ridicule

Date:

Prendre une photo passeport en main et brandissant ledit document est la nouvelle trouvaille et la dernière lubie de certains compatriotes. Lesquels, par cet acte, disent affirmer et réaffirmer leur attachement, leur amour et partant leur fierté pour la nation gabonaise.

Il en ressort de cette démarche, que l’exhibition de ce passeport est la preuve manifeste de son appartenance et de son attachement viscérale à la nation Gabonaise. La fameux  » Gaboma & Fier » est ainsi détourné à des fins propagandistes à peine masquées.

Chers Messieurs, l’acte est trop banale et la portée symbolique que vous souhaitez dégager de celui-ci est inexistante et imbibé d’opportunisme. Un individu quel qu’il soit sur la base d’un quelconque intérêt que lui offrirait la nation peut faussement prétendre l’aimer et en être fière.

Être fière de son pays n’est pas un sentiment isolé de l’amour qu’on doit lui porter puis de la volonté de le protéger sensé nous habiter. Être fière de son pays, suppose non seulement l’aimer mais surtout le défendre bec et ongles avec ses moyens contre tous ses pourfendeurs et toutes les âmes malveillantes qui le conduise inlassablement aux portes de l’abîme. Certains membres du gouvernement, dont le Premier Ministre, Chef du Gouvernement en tête ont posé avec un passeport, preuve de leur amour et leur attachement à la nation. Il n’y a pas plus harmonieux quand le dire et le faire vont ensemble.

Je ne connais aucun patriote qui prétend aimer son pays et concours à son dépérissement. Je ne pense pas que puisse exister un patriote qui prétend défendre les intérêts de son pays en étant le témoins privilégiés de l’inaction de la justice, de malversations financières, de fraudes et de tant de forfaits dont les auteurs sont connus mais vivent allègrement et aisément sans être inquiétés.

Je ne pense pas que puisse exister un patriote qui prétend défendre les intérêts de son peuple en étant le témoins privilégiés des mesures qui asphyxient celui-ci, le privant ainsi de son bien-être en le maintenant à dessein dans la misère béante et paupérisante.

Je ne connais pas un patriote qui sur l’autel de ses intérêts égoïstes est prêt à sacrifier son peuple en étant le numéro 2 et valet du bourreau de celui -ci. NON, Messieurs vous n’êtes pas des patriotes. Le vrai patriote s’inquiète, non pas du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations. Cette conditions suppose agir pour le bien-être du pays et non en servant du pays dans le but d’agir pour son bien être personnel.

Allez faire votre numéro de patriote par procuration ailleurs. C’est un acte que les ignorants, les prostitués intellectuelles reproduiront et cautionneront mais que les chevronnés critiqueront vertement.

L’extraordinaire impertinence et la bêtise de cet acte est à l’image de votre gouvernance morbide et funeste que le peuple exècre horriblement mais que vous tentez vainement de distraire.

Être patriote est une disposition de l’esprit, du corps et de l’âme. Elle ne se présume pas, elle se prouve. C’est une disposition que des âmes corrompues ne sauraient saisir.

Médiocrement votre!


En savoir plus sur Que Dit La Loi

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Share post:

Subscribe

Plus de lecture
Related

Statut du maire : qui peut le remplacer et dans quelles conditions ?

La démission du maire de Libreville a été suivie, en quelques jours, de l’élection d’un nouveau maire par les conseillers municipaux. Une séquence rapide, qui a pu surprendre. Faut-il pour autant y voir un simple choix politique interne, ou l’application d’un mécanisme prévu par la loi ? En réalité, le remplacement d’un maire obéit à des règles précises, souvent méconnues, qui tiennent à la manière même dont les communes sont organisées en droit gabonais.

Le nouveau cadre normatif de l’usage des réseaux sociaux au Gabon : quel impact pour les usagers ?

Le Gabon s’est doté en 2026 d’un cadre juridique inédit pour encadrer l’usage des réseaux sociaux. Entre fin de l’anonymat, responsabilité accrue des utilisateurs et nouvelles obligations pour les plateformes, ce texte ambitionne de réguler un espace numérique longtemps perçu comme hors de contrôle. Mais face à la rapidité des échanges, à l’essor de l’intelligence artificielle et à des pratiques profondément ancrées, cette régulation peut-elle réellement produire les effets attendus ?

Dix ans après la réforme de 2015, quel bilan pour le conseil successoral au Gabon ?

Le conseil successoral occupe aujourd’hui une place centrale dans l’organisation des successions au Gabon. Réformé en 2015 pour mieux encadrer la gestion des biens du défunt, il devait apporter plus de clarté et limiter les conflits familiaux. Dix ans après, le bilan apparaît plus nuancé. Entre cadre juridique clarifié et difficultés persistantes dans sa mise en œuvre, le dispositif révèle un décalage entre les exigences du droit et les réalités familiales. La réforme a-t-elle réellement permis de résoudre les difficultés qu’elle entendait corriger ?

Nouveau Code de la nationalité au Gabon : que change réellement la réforme de 2026 ?

La réforme du Code de la nationalité gabonaise, issue de l’ordonnance du 26 février 2026, modifie en profondeur plusieurs mécanismes du droit de la nationalité. Allongement des délais, nouvelles exigences en matière de naturalisation, encadrement renforcé du mariage, restriction du droit du sol, introduction de la notion d’« ascendance autochtone » : le texte intervient à différents niveaux, et ne se limite pas à un simple ajustement des règles existantes. L’analyse du nouveau Code conduit ainsi à s’interroger sur l’évolution des conditions d’accès à la nationalité, mais aussi sur la manière dont le droit organise désormais l’appartenance à la communauté nationale.

En savoir plus sur Que Dit La Loi

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture