Que dit la loi sur les congés payés au Gabon ?

Date:

La relation de travail crée entre l’employeur et le salarié un certain nombre d’obligations réciproques. Ces obligations sont la résultante du Contrat de travail qui existe dès l’instant où une personne (le salarié) s’engage à travailler, moyennant rémunération, pour le compte et sous la direction d’une autre personne (l’employeur).

En pratique l’employé est à l’entière disposition de son entreprise pendant toute la durée de son contrat, à l’exception des congés légalement consacrés. A savoir : les congés hebdomadaires qui sont au moins de vingt-quatre heures par semaines, les congés de maternité qui engendrent une  suspension du contrat de travail pendant quatorze semaines consécutives, réparti en deux phases, l’une de six semaines avant terme  et l’autre de huit semaines après la date présumée de l’accouchement, les congés de paternité qui sont de trois jours suivant la naissance  et les congés payés qui feront l’objet de ce bref billet.

Que dit la loi  ?

Au sens large, le  congé se définit comme   l’autorisation d’arrêter temporairement le travail.

Du point de vue juridique, « le congé payé  est la suspension annuelle du contrat de travail pendant laquelle le salarié reçoit sa rémunération habituelle ».

Les congés payés sont consacrés par le Code du travail aux  articles 185 et suivants. L’article 185 dispose que : 

«  (…) le travailleur acquiert droit au congé à la charge de son employeur à raison de deux jours ouvrables par mois de service effectif (…) ».

Le même article ajoute à propos des salariés mineurs : « Les travailleurs âgés de moins de dix-huit  ans ont droit à deux jours  et demi ouvrables ».

Il s’agit ici, d’une exception à la règle générale qui consacre un jour semaine pour les salariés majeurs.

Les jours ouvrables énoncés par l’article 185 suscité, sont tous les jours autres que le dimanche et ceux qui en vertu de la loi, des règlements, des conventions collectives et des usages, fériés et chômés.

Est considéré comme un mois de travail effectif  pour le calcul de la durée du congé, les périodes de quatre semaines ou de vingt-quatre jours ouvrables.  

La durée du congé est augmentée en considération de l’ancienneté dans l’entreprise, elle est fixée par les règlements en vigueur ou les dispositions des conventions collectives.

Aussi Les mères de famille ont droit à un jour de congé supplémentaire par an pour chaque enfant à charge de moins de seize ans.

L’acquisition du droit au congé payé

Aux termes de l’article 187 alinéa premier  du Code du travail : « Le droit au congé est acquis après une durée de services égale à un an », c’est-à-dire douze (12) mois effectifs de travail.

La survenance d’un évènement inattendu dans la relation employeur-salarié peut entraîner la rupture du contrat de travail avant la durée d’un an prévue. Dans ce cas le Code du travail prévoit à l’alinéa 2 de l’article 187 : « en cas de rupture ou d’expiration du contrat avant que le travailleur ait acquis le droit au congé, une indemnité calculée sur la base des droits acquis, d’après l’article 185, doit être accordée à la place du congé ». En d’autres termes au prorata des jours effectivement travaillés par le salarié.

En revanche, la loi interdit l’octroi d’une indemnité compensatrice à la place du congé. C’est donc dire que l’employeur ne peut opposer son refus au congé d’un salarié en contrepartie d’une rémunération supplémentaire.

A quel moment l’employeur doit-il versé l’allocation de congé à son employé ?

Aux termes de l’article 188 du Code du travail « L’allocation de congé doit être versée intégralement au travailleur avant son départ en congé ».

Ce montant versé par l’employeur est un droit qui lui reconnu aussi bien par les instruments internationaux du droit du travail que par la législation nationale. Il doit être au moins égal à la rémunération mensuelle du salarié c’est-à-dire, une allocation au moins égale à la moyenne correspondante des salaires, indemnités, primes et commissions diverses dont le travailleur a bénéficié au cours des douze (12)  mois précédant son départ en congé.


En savoir plus sur Que Dit La Loi

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Harold Leckat
Harold Leckathttps://queditlaloi.com/
Juriste, fondateur de Que Dit La Loi

7 Commentaires

  1. Et que dit la loi sur les congés après 12 mois?
    L’employeur paie t-il la durée des congés qui augmente par rapport à l’ancieneté?
    Les jours supplementaires d’une mère par enfant sont ils payés?

  2. Cher M.

    J’ai une doute sur l’étenue de l’article 186 para 3, lorsqu’il parle de augmentation de la durée du congé en considération de l’ancianneté dans l’entreprise. si l’on a pas une convention collective que le regle, quelle-est-ce la réglamentation à apliquer? Qu’est ce qu’elle indique?

  3. Bonjour jaimerai savoir la base de calcul des congés payés.sagil til du salaire de base du salaire brut ou du net a payer?

  4. Bonjour et merci pour l’éclairage. Que Pouvez vous nous en dire sur l’article 66 du code du travail ? Cet article concerne aussi un travailleur licencié pour motif personnel?

Répondre à NtokisAnnuler la réponse.

Share post:

Subscribe

Plus de lecture
Related

L’activité syndicale des retraités : jusqu’où peut-on encore agir pour la profession que l’on a quittée ?

Ces derniers jours, la question de l’engagement syndical a ressurgi avec force dans le débat public gabonais. Arrestations, prises de position, réactions contrastées : l’actualité sociale a remis sur le devant de la scène le rôle et la place de certains acteurs syndicaux, y compris ceux ayant quitté la vie active. Cette actualité invite surtout à poser une question de droit : un retraité peut-il encore participer à l’action syndicale des actifs ? Entre liberté syndicale, représentation professionnelle et droit de grève, le droit gabonais encadre strictement les conditions dans lesquelles un tel engagement demeure juridiquement possible.

Plainte pénale et gratuité : la mise au point du procureur général Eddy Minang

Le dépôt et le retrait d’une plainte sont-ils vraiment gratuits au Gabon ? Malgré la clarté du droit, des pratiques contraires persistent sur le terrain. À travers le rappel opéré par le procureur général Eddy Minang, cet article revient sur le fondement juridique de la gratuité des plaintes, les dérives observées dans la pratique, et les pistes permettant de renforcer l’application effective de ce principe essentiel d’accès à la justice.

Peine capitale au Gabon : analyse juridique d’un projet controversé : Que dit la loi ?

Face à la recrudescence des violences, l’idée d’un retour à l’application de la peine de mort au Gabon refait surface. Derrière cette tentation sécuritaire se posent pourtant de graves questions constitutionnelles, internationales et démocratiques. Cette analyse juridique revient sur les enjeux réels d’une telle mesure, révélatrice moins d’une solution que de l’échec de l’appareil juridico-répressif.

Dégradation des mœurs chez les mineurs au Gabon : quelle responsabilité pour les parents, la société et l’État ?

La multiplication des comportements impliquant des mineurs au Gabon interpelle directement le droit. Elle soulève, au-delà de l’émotion suscitée dans l’opinion publique, une question centrale : celle de l’identification des responsabilités juridiques susceptibles d’être engagées à raison des faits qui troublent régulièrement la société gabonaise. À côté des analyses sociologiques, une approche juridique, fondée sur les mécanismes de responsabilité prévus par les textes en vigueur, apparaît dès lors indispensable pour éclairer le débat et envisager des réponses adaptées. À ce sujet, Que Dit La Loi ? revient sur les fondements juridiques applicables et sur les responsabilités susceptibles d’être mises en œuvre.

En savoir plus sur Que Dit La Loi

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture