Quelle justice pour le Gabon en 2015 ?

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Les institutions d’une République moderne sont détenues par trois principaux pouvoirs (Exécutif, législatif et judiciaire), indépendants les uns des autres. Cette disposition extraite des lois fondamentales des grandes démocraties de ce monde pouvait prêter à sourire au Gabon, si elle n’interpellait pas nos consciences.

En effet, la démarcation entre la théorie et la pratique dans ce domaine a été telle qu’en 54 ans d’indépendance qu’au bout du processus, la justice est devenue dans notre pays une de ces vielles dames dont le manque de vertu a pignon sur rue en dépit des professions de foi qu’elles s’évertue à déclarer à la face du monde.

Pour expliquer les carences de notre système judiciaire, de mauvaises langues n’hésitent pas à mettre en cause la probité des hommes en robe. Avec force et détails; elles dénoncent la lenteur des procédures, le dilettantisme des agents des tribunaux, l’incompétence et parfois la concussion de ces derniers.

L’objectivité voudrait cependant une chose : reconnaitre que si certains malfrats ont réussi à s’insérer dans la profession , l’essentiel du corps demeure sain et hautement imprégné de l’idéal d’équité qu’il a à défendre et à servir.

En réalité, c’est le manque d’indépendance du judiciaire face à l’exécutif, qui est à l’origine du discrédit qui touche cette auguste institution.

Pendant longtemps, à l’École Nationale de la Magistrature, le pouvoir recommande déjà l’entrée de certains étudiants ainsi que leur réussite, au grand dam de ceux qui n’ont de soutien que leur mérite. En juridiction, l’évolution des carrières n’échappe pas à ces coups d’accélérateurs venus venus d’en haut. Ainsi retrouve-t-on à la tête des plus hautes instances des personnes dont les états de service relèvent une incapacité à la profession de magistrat.

Toutes ces coaptations ont pour finalité de constituer un corps parallèle de magistrats, plus soucieux de défendre les intérêts des parrains que de dire le Droit. Aussi assistera-t-on aux non lieu intempestifs , quand ce n’est pas la disparition pure et simple de tout dossier mettant en cause les parrains et leur protégés. Ce ne sont pas les étudiants de l’Université Omar Bongo qui nous démentirons. Ce n’est pas ce père de famille spolié de sa terre par un sujet libanais qui offusquera en lisant ces lignes.

La justice gabonaise doit consacrer l’égalité de tous citoyens devant la loi. Pour ce faire, la séparation des pouvoir doit être clairement établie. Il faut que cesse ces interférences qui conduisent les tribunaux à attendre l’aval de l’exécutif avant de rendre un verdit, le parquet à demander les instructions du ministère avant tel procès jugé sensible, ou encore le ministère public à ne voir que ce qui arrange le pouvoir et taire tout ce qui pourrait l’agacer.

Pour sa crédibilité il revient au pouvoir judiciaire de se faire violence, de profiter des principes démocratiques pour affirmer son indépendance , de savoir frapper les brebis galeuses, en sommes d’accepter de se remettre en cause.

Que la justice gabonaise rompe cette vassalité qui la rend méprisable non seulement aux yeux du peuple, mais aussi de ceux qui la tienne en laisse, c’est à dire l’exécutif.

Joyeux Noël et Bonnes fêtes de Fin d’Année à tous nos lecteurs.


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