Le meurtre commis suite à un flagrant délit d’adultère peut être excusable

Date:

Aux termes de l’article 252 alinéa 2 du Code civil « les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance ». La fidélité est donc une des obligations qui naît à l’issue de l’union solennelle d’un homme et d’une femme célébrée devant un officier d’état civil. Autrement, il s’agit d’un devoir conjugal  consacré dans le Code civil qui survit même en cas de séparation de corps (article article 299 alinéa 2 du Code civil).

Dans l’actualité récente, deux meurtres passionnels ont défrayés la chronique : une décapitation d’un côté et une fusillade de l’autre. Quoi qu’il en soit ces actes ignobles nous été présentés par la presse comme ayant pour origine une infidélité ou un adultère.

Ce phénomène d’actualité nous conduit à faire un bref billet sur ce que dit la loi en cas de meurtre commis sur son conjoint surprit en flagrant délit d’adultère.

Que dit la loi ?

Aux termes de l’article 54 alinéa 4 Code pénal  nouveau : « (…) en cas d’adultère, le meurtre commis par l’un des époux sur l’autre, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, peut-être excusable ».

Cette réécriture de l’alinéa 4 de l’article 54 du Code pénal est issue de la loi n°019/2013 du 21 août 2013 modifiant certaines dispositions de la loi n°21/63 du 31 mai 1963 portant Code pénal, conditionne l’exonération de la responsabilité de l’auteur du meurtre qu’en cas de flagrant délit d’adultère commis dans « la maison conjugale ». C’est-à-dire dans la maison au sein de laquelle les époux ont élu domicile. A contrario, le flagrant délit d’adultère commis hors d’une habitation ou d’un lieu qui ne serait pas « la maison conjugal » ne saurait être exonératoire de la responsabilité pénale pour meurtre sur son conjoint.

Avant cette reformulation initiée par la Ministre de la Justice Garde des Sceaux Ida RETENO ASSENOUET, seuls les époux pouvaient pénalement être excusés en cas de meurtre commis suite à un flagrant délit d’adultère dans la maison conjugale. L’article 54 alinéa 4 ancien du Code pénal  disposait : « (…) en cas d’adultère, le meurtre commis par l’époux sur son épouse, ainsi que sur le complice, à l’instant où il les surprend en flagrant délit dans la maison conjugale, est excusable ».

La nouveauté  issue de la loi n°019/2013 du 21 août 2013 est le fait que la femme aussi pourra désormais se voir exonérer de sa responsabilité pénale en cas d’homicide sur son époux surpris dans la maison conjugale en plein commerce intime avec une autre femme.


En savoir plus sur Que Dit La Loi

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Harold Leckat
Harold Leckathttps://queditlaloi.com/
Juriste, fondateur de Que Dit La Loi

Laisser un commentaire

Share post:

Subscribe

Plus de lecture
Related

Statut du maire : qui peut le remplacer et dans quelles conditions ?

La démission du maire de Libreville a été suivie, en quelques jours, de l’élection d’un nouveau maire par les conseillers municipaux. Une séquence rapide, qui a pu surprendre. Faut-il pour autant y voir un simple choix politique interne, ou l’application d’un mécanisme prévu par la loi ? En réalité, le remplacement d’un maire obéit à des règles précises, souvent méconnues, qui tiennent à la manière même dont les communes sont organisées en droit gabonais.

Le nouveau cadre normatif de l’usage des réseaux sociaux au Gabon : quel impact pour les usagers ?

Le Gabon s’est doté en 2026 d’un cadre juridique inédit pour encadrer l’usage des réseaux sociaux. Entre fin de l’anonymat, responsabilité accrue des utilisateurs et nouvelles obligations pour les plateformes, ce texte ambitionne de réguler un espace numérique longtemps perçu comme hors de contrôle. Mais face à la rapidité des échanges, à l’essor de l’intelligence artificielle et à des pratiques profondément ancrées, cette régulation peut-elle réellement produire les effets attendus ?

Dix ans après la réforme de 2015, quel bilan pour le conseil successoral au Gabon ?

Le conseil successoral occupe aujourd’hui une place centrale dans l’organisation des successions au Gabon. Réformé en 2015 pour mieux encadrer la gestion des biens du défunt, il devait apporter plus de clarté et limiter les conflits familiaux. Dix ans après, le bilan apparaît plus nuancé. Entre cadre juridique clarifié et difficultés persistantes dans sa mise en œuvre, le dispositif révèle un décalage entre les exigences du droit et les réalités familiales. La réforme a-t-elle réellement permis de résoudre les difficultés qu’elle entendait corriger ?

Nouveau Code de la nationalité au Gabon : que change réellement la réforme de 2026 ?

La réforme du Code de la nationalité gabonaise, issue de l’ordonnance du 26 février 2026, modifie en profondeur plusieurs mécanismes du droit de la nationalité. Allongement des délais, nouvelles exigences en matière de naturalisation, encadrement renforcé du mariage, restriction du droit du sol, introduction de la notion d’« ascendance autochtone » : le texte intervient à différents niveaux, et ne se limite pas à un simple ajustement des règles existantes. L’analyse du nouveau Code conduit ainsi à s’interroger sur l’évolution des conditions d’accès à la nationalité, mais aussi sur la manière dont le droit organise désormais l’appartenance à la communauté nationale.

En savoir plus sur Que Dit La Loi

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture