Que dit la loi sur la police de l’audience ?

Date:

Assister à une audience devant le juge civil demande pour les justiciables, les auxiliaires de justice, et même le personnel du tribunal, de respecter un certain nombre de règles fixées non seulement par les usages de la vie en société, mais aussi par la Loi, et plus précisément par le Code de Procédure Civil gabonais.

Il peut arriver pendant une audience qu’une personne, quelle qu’elle soit, de quelque manière que ce soit, trouble son bon déroulement.

Que dit la loi sur l’attitude à tenir pendant une audience ?

Sur le rappel du pouvoir de police du magistrat

Il convient de rappeler avant toute chose que le juge chargé d’entendre les plaidoiries dispose de certaines prérogatives visant à veiller au bon déroulement de l’audience : c’est la police de l’audience. C’est ainsi que l’article 346 du Code de procédure civile gabonais énonce que «  Le Président exerce la police de l’audience. Tout ce qu’il ordonne pour le maintien de l’ordre à l’audience doit être exécuté sur le champ ». Cette disposition du CPC ajoute aussi que cette prérogative reconnue au juge peut s’exercer «  même dans les lieux ou les magistrats et les greffiers exercent les fonctions de leur état » nous pensons là aux hypothèses dans lesquelles le débat se conduit à huit clos, c’est-à-dire non ouvert au public.

Quoi qu’il en soit, l’article 347 nous enjoint à rester calmes pendant l’audience lorsqu’il précise que « ceux qui assistent aux audiences doivent se tenir découverts dans le respect ».

 Sur les mesures disciplinaires encourues en cas de trouble

Les individus, quels qu’ils soient, qui « interrompent le silence, donnent des signes d’approbation ou d’improbation soit à la défense des parties soit aux discours et ordres des magistrats, causent ou entretiennent du tumulte de quelque manière que ce soit » peuvent se faire expulser de l’audience si, nous précise l’article 347 alinéa 2, après un premier avertissement du président, l’individu refuse de s’aligner. Ceux qui résistent à l’injonction de se retirer pourront faire l’objet de mise en arrêt pour une durée de 24h.

Aussi, diverses mesures sont prévues lorsque le trouble provient de personnes particulières.

Tout d’abord, nous le rappelle l’article 348, si le trouble est causé par une personne remplissant une fonction près le tribunal, elle pourra être suspendue de ses fonctions ; suspension qui, pour une première fois ne pourra excéder 3 mois.

Si celui-ci est du fait d’un avocat, le Président pourra, toujours après un premier avertissement sans succès, lui demander de se retirer de l’audience, ce qui mettra fin au débat et entraînera son report.

Nous notons bien là que la police de l’audience vaut à l’égard de tous, sans distinction.

La bonne attitude à une audience consiste donc à conserver, en toutes circonstances, sang-froid, patience et courtoisie.

 


En savoir plus sur Que Dit La Loi

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Terence ASSEKO AKOMA
Terence ASSEKO AKOMAhttps://queditlaloi.com
Avocat au Barreau de Paris ; Co-fondateur de Que Dit La Loi ; Attaché à la défense des libertés publiques et individuelles

Laisser un commentaire

Share post:

Subscribe

Plus de lecture
Related

Comment l’État peut-il intervenir dans les affaires d’une Église ou d’un lieu de culte ? Association déclarée, contrôle administratif, ordre public.

Il y a un mois, le 14 août 2026, le ministère de l'Intérieur suspendait le directoire de l'Église évangélique du Gabon et plaçait celle-ci sous administration provisoire. Dans un pays dont la Constitution affirme la séparation de l'État et des religions, l'intervention a surpris. Elle s'explique pourtant sans difficulté : au Gabon, une Église qui veut exister en droit emprunte la forme de l'association déclarée, et, avec elle, ses obligations.

Un magistrat peut -il être sanctionné ? Comprendre la discipline des magistrats au Gabon

La loi du 26 octobre 2023 portant statut des magistrats organise, à côté des garanties d'indépendance, un régime disciplinaire dont la lecture prête souvent à confusion. A la lumière des récentes actualités il apparaît utile de revenir sur ce que ce texte prévoit exactement : la portée réelle de l'indépendance et de l'inamovibilité, la composition du Conseil supérieur de la magistrature lorsqu'il statue en matière disciplinaire, et l'échelle des sanctions qu'il peut prononcer.

Devenir entreprenant au Gabon : que dit la loi sur ce qui vous engage vraiment ?

En devenant entreprenant au Gabon, vos dettes professionnelles menacent directement vos biens personnels et familiaux. Faute de séparation des patrimoines en droit OHADA, votre mobilier, vos économies ou la parcelle familiale peuvent être saisis en cas d'impayé. Et quand d'autres pays ont choisi de protéger leurs entrepreneurs, le silence de la loi gabonaise laisse ici un vide inquiétant.

Retour sur la réforme relative au contentieux foncier entre le juge judiciaire et le juge administratif au Gabon

Quelques mois après l'entrée en vigueur de l'ordonnance du 26 février 2026 fixant le régime de la propriété foncière en République gabonaise, il apparaît utile de revenir sur l'une de ses innovations majeures : la clarification de la répartition des compétences entre le juge administratif et le juge judiciaire en matière foncière. Cette réforme modifie en profondeur la procédure d'immatriculation foncière et consacre le juge judiciaire comme acteur central du contentieux du titre foncier. Dans cet article, nous revenons sur le fonctionnement de la procédure d'immatriculation, la distinction entre titre d'occupation et titre foncier, ainsi que les conséquences pratiques de cette nouvelle répartition des compétences pour les citoyens et les professionnels du foncier.

En savoir plus sur Que Dit La Loi

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture